Sur les étages

Comment devient-on infirmière ? Dans quelles conditions travaillent-elles, au jour le jour ? Quelles spécialisations peuvent-elles faire ? Quelles sont les principales organisations qui balisent leur travail? Voilà quelques questions que cette section permet d’approfondir.

Les qualités et aptitudes nécessaires pour devenir infirmière

L’article 36 de la Loi sur les infirmières et les infirmiers définit ainsi la profession : « L’exercice infirmier consiste à évaluer l’état de santé d’une personne, à déterminer et à assurer la réalisation du plan de soins et de traitements infirmiers, à prodiguer les soins et les traitements infirmiers et médicaux dans le but de maintenir la santé, de la rétablir et de prévenir la maladie ainsi qu’à fournir les soins palliatifs. » Pour y arriver, voici les principales qualités et aptitudes requises :

  • Bonnes santé et état physique. Très bonne résistance au stress et à la fatigue
    L’infirmière travaille constamment debout. Et elle doit rester alerte et prête à intervenir même après de longues heures de travail.
  • Bon jugement, capacité d’analyse et de synthèse
    Elle a la responsabilité de prodiguer les soins qui amélioreront l’état de santé des patients. Elle doit être en mesure d’analyser rapidement une situation et d’intervenir efficacement.
  • Capacité d’écoute et facilité à communiquer
    L’infirmière doit faire preuve de calme, de patience et de discrétion pour être en mesure de soutenir, rassurer les patients et leurs proches.
  • Bonnes habiletés manuelles, minutie, souci du détail et précision.
    Elle doit administrer des médicaments et effectuer des prélèvements sanguins avec précision.
  • Sens des responsabilités, esprit d’initiative, autonomie et vigilance.
    Elle doit être prête à intervenir n’importe quand, souvent en cas d’urgence. Elle doit être capable de régler seule certains problèmes.
  • Facilité à travailler en équipe.
    L’intervention en soins infirmiers fait partie d’une chaine de soins où interviennent plusieurs professionnels de la santé.

Référence : www.metiers-quebec.org/sante/infirmier.htm

Qui fait quoi?

L’infirmière auxiliaire a la responsabilité de prodiguer des soins généraux d’hygiène et des soins de santé physique et psychologique à des malades de tout âge ou d’une clientèle déterminée en milieu hospitalier, institutionnel ou à domicile.

L’infirmière ou infirmière technicienne a la responsabilité d’évaluer l’état de santé du patient, de participer à l’élaboration du diagnostic effectué par le médecin et de prodiguer et de contrôler les soins infirmiers nécessaires prescrits par ce dernier (effectuer les prélèvements sanguins, administrer les sérums et autres médicaments, faire des pansements et des plâtres, surveiller les appareils respiratoires ou autres). Elle est aussi appelée à informer les patients et leurs proches sur l’évolution de leur état de santé, à les soutenir et à les rassurer dans les moments les plus difficiles.

L’infirmière clinicienne peut intervenir auprès de personnes présentant des problèmes de santé complexes. Cette professionnelle peut aussi assurer la coordination des soins et des services pour des groupes de patients et participer au développement d’outils cliniques.

Elle peut aussi se spécialiser dans un des domaines médicaux en suivant une formation complémentaire et en obtenant des permis de travail spécifiques à son domaine d’intervention. L’infirmière clinicienne spécialisée ajoute à son rôle l’enseignement, la conception et le développement de programmes et de cheminements cliniques, la recherche clinique, la consultation et la collaboration étroite avec l’équipe interdisciplinaire.

L’infirmière praticienne spécialisée (IPS), ou superinfirmière, a le droit d’effectuer des activités médicales autorisées par le Collège des médecins, afin de gérer, en collaboration avec le médecin, des problèmes de santé aigus et chroniques dans un domaine de spécialité (néonatologie, néphrologie, cardiologie ou soins de première ligne). Elle contribue au développement des compétences des infirmières à titre de personne-ressource ou de mentor auprès de ses collègues.

La conseillère en soins infirmiers est appelée à concevoir, à diffuser, à évaluer et à réviser des programmes d’orientation, de formation et de mise à jour des connaissances du personnel infirmier et des stagiaires au sein d’un établissement. Elle peut aussi être appelée à concevoir et à implanter des programmes de prévention et d’amélioration des activités professionnelles, par exemple au sein d’une entreprise.

L’infirmière cadre-conseil en soins infirmiers travaille principalement dans les domaines des soins cliniques directs. Elle assume un rôle de chef de file des soins infirmiers en créant un environnement propice au développement de l’excellence clinique, assurant ainsi le respect de hautes normes de qualité de soins, notamment la gestion des risques.

Référence : www.oiiq.org

La formation d’infirmière

Le diplôme d’études collégiales (DEC) en soins infirmiers est une formation de 2800 heures qui peut conduire à une carrière soit d’infirmière auxiliaire, soit d’infirmière. Pour obtenir le droit de pratique comme infirmière, les diplômées doivent réussir l’examen préalable à l’obtention du permis d’exercice délivré par l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ).

Organisé sur une durée de cinq ans, le cheminement DEC-BAC comprend un DEC de trois ans, suivi d’un BAC de deux ans. Il s’agit d’une formation harmonisée permettant, après l’obtention du permis de l’OIIQ, de pratiquer comme infirmière ou infirmière clinicienne.

Le baccalauréat de formation initiale en sciences infirmières est un programme du premier cycle universitaire de trois ans qui mène, après la réussite de l’examen professionnel de l’OIIQ, au métier d’infirmière clinicienne.

La maîtrise en sciences infirmières est un programme de deuxième cycle universitaire qui ouvre la porte aux métiers d’infirmière clinicienne spécialisée et de conseil-cadre en soins. Elle donne également accès au métier d’infirmière praticienne spécialisée en soins de première ligne, en cardiologie, en néphrologie ou en néonatalogie.

Métiers Québec
www.metiers-quebec.org/sante/infirmier.htm
www.metiers-quebec.org/portraits/sante2.html
Il s’agit du site personnel de Dany Savard. Diplômé en information scolaire, Dany a accumulé depuis 10 ans des informations sur plus de 450 métiers et professions dans tous les domaines. Le site s’adresse aux élèves du secondaire et du collegial, aux étudiants universitaires, aux adultes en réorientation de carrière et aux conseillers en orientation qui l’utilisent comme référence dans leur travail.

Ordre des infirmières et des infirmiers du Québec (OIIQ)
Conformément au Code des professions, la fonction principale de l’OIIQ est d’assurer la protection du public en contrôlant l’exercice de la profession infirmière par ses membres. Une section de leur site porte sur les demandes du public et sur les questions relatives à l’admission à la profession. Les membres de l’OIIQ trouvent réponse à leurs questions sur la pratique (déontologie, cadre légal, etc.), sur la formation continue ainsi que sur certains avantages que leur procure leur adhésion.

Les étudiants qui veulent avoir de l’information sur une carrière en soins infirmiers peuvent consulter leur site unecarrierepourlavie.com

Fédération interprofessionnelle de la santé au Québec (FIQ)
Plus de 62 000 professionnelles en soins infirmiers et cardiorespiratoires sont syndiquées dans cette Fédération qui regroupe 60 syndicats à l’œuvre dans 152 établissements de santé. Fondée en 1987 par 1000 infirmières, la Fédération des infirmières et infirmiers du Québec (FIIQ) passe à 40 000 membres dès l’année suivante. Avec l’adhésion des infirmières auxiliaires, des inhalothérapeutes et des perfusionnistes, la Fédération adopte la nouvelle dénomination de FIQ en 2006 à la veille de son 20e anniversaire.

Centrale des syndicats du Québec – Fédération de la santé du Québec (CSQ – FSQ)
Issue d’un mouvement inspiré par Laure Gaudreault, la CIC (Corporation des instituteurs et institutrices catholiques du Québec) est créée en 1945. Elle devient la Corporation des enseignants du Québec (CEQ) en 1969, puis la CSQ, qui regroupe du personnel enseignant, professionnel et de soutien des commissions scolaires, des cégeps et des universités, des intervenantes en services de garde, des infirmières et du personnel du secteur de la santé et des services sociaux ainsi que des travailleurs des communications, du communautaire, du loisir et du municipal.

Association des infirmières et infirmiers du Canada (AIIC)
L’AIIC est la voix professionnelle des infirmières et des infirmiers autorisés du Canada. C’est une fédération de 11 associations et ordres provinciaux et territoriaux représentant 146 788 infirmières et infirmiers.

La clinique ambulatoire

Le documentaire Sur les étages présente deux infirmières qui travaillent à la clinique ambulatoire de l’Hôpital du Haut-Richelieu, à Saint-Jean-sur-Richelieu. Le terme ambulatoire désigne un traitement qui nécessite une hospitalisation de courte durée. La clinique d’investigation en médecine ambulatoire (CIMA) permet au personnel infirmier d’orchestrer rapidement le cheminement clinique de l’usager au cours du processus d’investigation, de consultation spécialisée ou de traitement. La coordination des demandes est assurée par les médecins de première ligne, les médecins consultants et l’infirmière responsable de la clinique ambulatoire.

L’infirmière évalue l’état de santé physique et mental de l’usager ainsi que son environnement social. Elle planifie et coordonne de façon concertée avec les membres des équipes interdisciplinaires les services professionnels requis, et ce, en collaboration avec l’usager et sa famille. Elle organise le cheminement clinique à travers les plateaux diagnostiques et thérapeutiques et auprès des médecins consultants en fonction de l’ordonnance collective. Elle fait la promotion des bonnes habitudes de santé et de la prévention (maladies, accidents, problèmes sociaux) auprès de l’usager et de sa famille. Elle assure le suivi du dossier ainsi que la saisie des statistiques de l’unité de façon quotidienne, afin d’aider à mettre en place des indicateurs pour la clinique, et d’influer sur l’orientation et l’organisation de la clinique.

La stomothérapie

La stomothérapie est la maîtrise des connaissances techniques et des principes de la relation d’aide, qui vont permettre à la personne stomisée ou l’individu présentant une altération des fonctions de continence urinaire ou fécale, de retrouver son autonomie après l’intervention, afin de reprendre une vie personnelle, familiale, professionnelle et sociale aussi normale que possible. L’infirmière stomothérapeute est une infirmière ayant complété une formation reconnue par l’association canadienne des infirmières stomothérapeutes (CAET) ou l’association mondiale des infirmières stomothérapeutes (WCET) dont le rôle est de promouvoir des programmes et des services de soins de santé dans les champs d’activités spécifiques tels que les soins de plaies, soins aux personnes stomisées. Des fonctions de consultante clinique, d’enseignante, de chercheuse et d’administratrice sont inhérentes à son rôle.

Source : Association des infirmières et infirmiers stomothérapeutes du Québec

L’infirmière pivot

L’infirmière pivot en oncologie est une spécialiste intégrée à une équipe interdisciplinaire de la lutte contre le cancer, qui possède les compétences nécessaires pour évaluer l’ensemble des besoins de la personne atteinte de cancer et de ses proches. Elle place la famille au cœur de ses interventions. De plus, elle enseigne, donne de l’information, accompagne et offre du soutien. Sa contribution au sein de l’équipe est essentielle de par la coordination des soins et des services qu’elle effectue. Considérant son importance, tant pour les personnes atteintes d’un cancer que pour leurs proches et les professionnels de la santé œuvrant en oncologie, la Direction de la lutte contre le cancer donne priorité à l’implantation des infirmières pivots en oncologie dans les établissements du Québec offrant ces services.

Voir la vignette L’infirmière d’aujourd’hui (Anne Plante)

Lectures suggérées

Line LACROIX, Madeleine LAUZIER, (2011), Parcours à suivre pour accéder à la profession infirmière, Westmount, OIIQ, 16 p.

On peut télécharger la version PDF de cette publication www.oiiq.org/sites/default/files/291CE_Parcours.pdf

Hélène LÉVESQUE-BARBÈS, (2010), Perspectives de l’exercice de la profession d’infirmière, Westmount, OIIQ, 28 p.

On peut télécharger la version PDF de cette publication
www.oiiq.org/sites/default/files/263NS_doc.pdf

Clémence DALLAIRE, (2008), Le savoir infirmier : au cœur de la discipline et de la profession, Montréal, Gaétan Morin éditeur, 504 p.

Cet outil pédagogique pour la formation des infirmières explique comment toutes les connaissances utilisées par les infirmières s’articulent les unes aux autres. À l’aide d’études de cas, il démontre l’utilité du savoir infirmier dans la pratique des soins.

Jack CANFIELD, Mark Victor HANSEN, et coll. (2009), Bouillon de poulet pour l'âme des Infirmières, Des histoires pour célébrer, honorer et inspirer la profession d'infirmière, (traduction de l’anglais Chicken Soup for the Nurse's Soul: 101 Stories to Celebrate, Honor and Inspire the Nursing Profession), Montréal, Béliveau éditeur Sciences et culture, 334 p.

Une collection d'histoires vraies qui met en valeur l’apport quotidien, l’engagement et l’abnégation des infirmières. Elle démontre la compassion, l'intelligence et la présence d'esprit requises pour répondre à des exigences toujours plus pressantes.