La collaboration infirmière

La petite histoire de l’étude du Dr Knaus

La mesure APACHE II (acronyme de Acute Physiology and Chronic Health Evaluation) est l’une des nombreuses mesures quantitatives utilisées dans l’évaluation des cas traités aux soins intensifs. Il s’agit d’un coefficient généré par 12 mesures physiologiques (telles que la pression sanguine, le rythme cardiaque ou la température du corps) et certaines informations du patient (comme son âge). L’échelle de la mesure APACHE II varie de 0 à 71, le coefficient le plus élevé indiquant la gravité de la maladie et le risque élevé de décès. Cette mesure est prise dans les 24 premières heures de l’arrivée d’un patient, puis tout au long de son séjour aux soins intensifs.

Il existe plusieurs simulateurs et des utilitaires en ligne :

Cette mesure a été développée par le Dr William Knaus et son équipe, qui ont étudié 5030 patients dans 13 unités de soins intensifs. Mais, en se dotant d’un outil de mesure comparable, quelle que soit la maladie, le Dr Knaus a permis de mettre en lumière des écarts remarquables entre les taux de mortalité prédits et réalisés. Un hôpital avait un taux de mortalité largement inférieur au taux prévu (41 cas au lieu de 69) alors que d’autres hôpitaux avaient des taux de mortalité malheureusement très supérieurs (jusqu’à 58 % de plus). En examinant l’organisation du travail et le type de relations entre les membres du personnel, le Dr Knaus en est venu à la conclusion que le degré de coordination entre les professionnels des soins intensifs avait un effet direct sur l’efficience des soins prodigués et réduisait ainsi les probabilités de mortalité.

William A. KNAUS, MD.; Elizabeth A. DRAPER, R.N., M.S.; Douglas P. WAGNER, PhD.; and Jack E. Zimmerman, M.D., « An Evaluation of Outcome from Intensive Care in Major Medical Centers », Annals of Internal Medecine, 1 march 1986, vol. 104, no 3, p. 410-418.
http://annals.org/article.aspx?articleid=700316

Le patient partenaire

La notion de partenariat entre les professionnels de la santé touche aussi le rôle du patient dans son processus de guérison. Des études démontrent que plus de 50 % des patients ne respectent pas les ordonnances médicales, avec les conséquences humaines et économiques que cela peut avoir sur les familles et le système de santé. Il faut donc trouver des façons d’autonomiser le patient, de le rendre aussi responsable de son traitement. Le partenariat avec le patient et sa famille fait partie des préoccupations et du discours infirmier depuis longtemps : autosoins, soins de santé primaires, éducation à la santé, autonomisation, etc. Cette préoccupation rejoint maintenant l’ensemble du système de santé.

Depuis les années 1950, le modèle de traitement dominant, que certains qualifient de paternaliste, consiste à décider d’un plan de médical indépendamment du patient. Ce modèle fut graduellement remplacé par une approche « client », qui, certes, place le patient au cœur du système décisionnel, mais ne permet pas de réelles interactions entre les professionnels de la santé. On tend maintenant à sortir le patient du centre du cercle pour le positionner comme un des partenaires de la chaîne de soins, ce qui exige que tous les intervenants interagissent entre eux.


Cette illustration est tirée de la conférence de Sylvie Lafrenière et de Vincent Dumez intitulé Le virage patient partenaire : un dialogue pour faire équipe, donnée lors du congrès annuel de l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec en octobre 2012. On peut la suivre ici  :  http://www.youtube.com/watch?v=W6eOGmX1Rhk&feature=plcp

Lynne McVey

Lynne McVey est directrice générale de l’Institut universitaire en santé mentale Douglas depuis janvier 2012. Elle détient un baccalauréat en physiologie et une maîtrise en sciences infirmières de l’Université McGill, et elle est fellow en gestion des soins de santé de la Wharton Business School de l’Université de Pennsylvanie. Elle enseigne à l’université McGill la gestion, le leadership, la sécurité des patients, et le partenariat entre les infirmières et les médecins qui permet d’obtenir de meilleurs résultats chez les patients.

Elle a reçu le prix Florence de l’OIIQ en 2010 dans la catégorie Leadership
http://www.oiiq.org/lordre/prix-et-distinctions/prix-florence/toutes-les-recipiendaires/recipiendaires-2010/leadership

Lecture suggérée

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Laurie N. GOTTLIEB, Nancy FEELEY, (2007), La collaboration infirmière patient, un partenariat complexe,Montréal, Ed Beauchemin, 184 p.

Le partenariat de collaboration connaît une popularité grandissante chez les infirmières et de nombreux autres professionnels de la santé. Ce livre vous aidera à en comprendre les fondements et vous indiquera des stratégies précises pour le mettre en pratique.