En mission en Haïti

Ceux qui se sentent concernés par les inégalités sociales dans le monde peuvent s'impliquer auprès d'un des nombreux organismes qui répondent aux situations d'urgence ou qui œuvrent pour le développement. Malheureusement, certains groupes profitent des situations de crise pour atteindre leurs propres objectifs. C'est ce qu'a constaté Véronique Ductan en mission en Haïti pour Médecins du monde au lendemain du tremblement de terre de janvier 2010. Son témoignage a été publié par

Le Figaro, Le Devoir et le site Mondialisation.ca.

Où s’impliquer?

Pour choisir, les professionnels de la santé peuvent consulter l’Association québécoise des organismes de coopération internationale (AQOCI). Il s’agit d’un regroupement de 65 organisations, réparties dans 13 régions du Québec, qui œuvrent à l’étranger et localement pour un développement durable et humain. Pour devenir membre de l’AQOCI, ces organismes doivent se conformer à des chartes et à des principes qui guident leurs interventions. Voici les principales valeurs portées et défendues par l’AQOCI :

  • la défense des droits fondamentaux de la personne et de la justice sociale
  • le soutien de toute initiative en faveur de l’autodétermination, de la participation démocratique et de la dignité des peuples
  • la promotion d’un développement autonome, durable et humain ainsi que le partage juste des ressources

En savoir plus.

Les grandes organisations humanitaires

L’organisation humanitaire la plus connue et certainement la plus ancienne est le Comité international de la Croix-Rouge fondé en 1863 à Genève, en Suisse. Le CIRC a donné naissance en 1919 à la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge et elle continue de coordonner les 186 sociétés nationales, dont la Croix-Rouge canadienne.

En 1971, des médecins français en mission au Biafra pour la Croix-Rouge estimèrent que sa politique de neutralité et de réserve était une erreur dans le contexte de guerre civile. Ils fondèrent Médecins sans frontières qui regroupe maintenant 23 associations nationales.

En 1978, à l'occasion du sauvetage en mer de réfugiés cambodgiens, les médecins participants à une mission de Médecins sans frontières affrétèrent un navire pour les journalistes, afin de dénoncer les violations des droits de l'homme, une médiatisation jugée déplacée par la direction de l'organisation. En mars 1980, une quinzaine de responsables, réunis autour de Bernard Kouchner, fondent Médecins du monde. Pour eux, les soins seuls ne suffisent pas. Il n'y a pas de guérison possible sans une forte prise de parole pour éliminer les entraves à l'accès aux soins pour les personnes dans le besoin (www.medecinsdumonde.org ). Il y a 14 organisations nationales de Médecins du monde, dont celle du Canada depuis 1999 (www.medecinsdumonde.ca ), membre de l’AQOCI.

Voici d'autres organismes au Québec et au Canada qui recrutent des professionnels de la santé souhaitant s'impliquer dans un projet international :

Collaboration santé internationale
Membre AQOCI. Fondée en 1968 par le père Célestin Marcotte, la section Québec de l'Assistance médicale internationale, mieux connue sous le nom d'AMI, devient Collaboration Santé internationale en 1975. L'organisme développe, au fil des ans, une expertise appréciable pour la récupération de fournitures médicales, la remise en état de biens qui lui sont confiés et l'expédition de conteneurs outre-mer.

Infirmières et infirmiers sans frontières (IISF)
Membre AQOCI. Situé à Rouyn-Noranda, cet organisme regroupe les personnes de toute profession intéressées par l'aide humanitaire, au Québec, au Canada et dans le monde entier. Il offre des activités de formation et d'information, et facilite la réalisation de projets humanitaires.

Partenaires canadiens pour la santé internationale (PCSI)
Fondée en 1990, cette agence d'aide humanitaire et de développement vise à augmenter l'accès aux médicaments et à améliorer la santé dans les pays en développement, et ce, dans l'esprit des valeurs chrétiennes fondamentales.

Secrétariat international des infirmières et infirmiers de l’espace francophone (SIDIIEF)
Créé en mars 2000, le SIDIIEF facilite le partage des expériences et des savoirs infirmiers dans le monde francophone, afin de contribuer à l'amélioration de la qualité des soins et des services offerts aux populations. Il a reçu en 2001 une reconnaissance officielle en tant qu'organisation internationale non gouvernementale (OING) du ministère des Relations internationales du Québec.

L’Unité de santé internationale
Créée en 1989 sous l'égide de l’Université de Montréal, elle se présente comme le seul organisme francophone nord-américain en mesure de combiner des actions qui relèvent de la formation, de l'expertise, de l'appui technique et de la recherche en santé mondiale.

Association des infirmières et infirmiers du Canada (AIIC)
L'AIIC est la voix professionnelle des infirmières et des infirmiers autorisés du Canada. C'est une fédération de 11 associations et ordres provinciaux et territoriaux représentant 146 788 infirmières et infirmiers. Sur le plan international, elle a développé des partenariats, afin de renforcer la profession infirmière et d'améliorer la qualité des services infirmiers et de santé.

Une expertise recherchée

Parmi tous les professionnels de la santé, les infirmières sont souvent les plus recherchées car, en situation de crise, elles interviennent rapidement en première ligne des soins.

« À l'image classique de l'infirmière qui soigne au chevet du malade, qui assiste le médecin dans sa pratique, qui panse des plaies ou vaccine, s'ajoute ainsi l'image d'une spécialiste en santé communautaire formatrice, gestionnaire, responsable de projets et administratrice sur ses heures de repos. Et toutes ces casquettes superposées sont portées dans des lieux où les systèmes de santé n'ont pas grand-chose en commun avec ceux des sociétés occidentales, où l'on compose au quotidien avec le manque, où l'on doit faire preuve d'ingéniosité et imaginer des tours de passe-passe pour en arriver à mener les projets de santé, où les modalités de déplacement perturbent le déroulement des opérations, où les impasses administratives sont nombreuses, les interlocuteurs locaux inconnus, et les bonnes relations parfois déterminantes du succès des interventions. »

vductan_ref1.jpgExtrait de « L’expertise infirmière dans l’aide humanitaire », conclusion du livre de Nicolas VONARX, (2010) Pou nou pa blye Haïti = Haïti pour ne pas oublier, Québec, Presses de l'Université Laval, 90 p.

Écrit avec la collaboration de Sarah Asselin, Sophie Dupéré, Bernard Roy, Fatou Traoré, Mila Minh et Vanessa Valières. Préface du Dr Yves Bolduc, postface de Régine Laurent. Comprend le témoignage de Marie-Claude Élie « L’itinéraire d’une infirmière québécoise en Haïti » (p 31-60).

Avec la permission de l’auteur, on peut télécharger la conclusion de ce livre. (Conclusion du livre Haïti )

Lectures suggérées

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Bernard ROY, (2008), Louise Gareau, infirmière de combats. Québec, Presses de l'Université Laval, 156 p.

Plus particulièrement le chapitre 6, « Infirmière à l’international »

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Stéphane MADAULE (2012), Le manuel du développement : 25 ans d'expérience dans la coopération internationale, Paris, L’Harmattan, 589 p.

Ouvrage théorique et pratique qui aborde la vision historique du développement et la vision institutionnelle, les grands débats qui agitent la question et le développement durable. On y trouve des conseils opérationnels en matière d'évaluation et d'audits de projets de développement découlant de l'expérience de l'auteur ainsi que 26 études de cas.

vductan_ref3.jpg Karla SCHEFTER, (2002), Journal d'une infirmière en Afghanistan, Paris, Plon, 295 p., traduit de l’allemand par Frank Straschitz et Catherine Métais-Bührendt.